Sarah avait tout pour réussir en agence : un poste de directrice de clientèle, une équipe à manager, un salaire confortable de 55 000€ annuels. Pourtant, à 35 ans, elle a choisi de tout quitter pour devenir consultante indépendante en stratégie digitale. Deux ans plus tard, elle facture 750€ par jour et ne regrette rien.
Le déclic
« J'ai eu mon déclic pendant les confinements. En télétravail, je me suis rendu compte que je passais plus de temps en réunions internes qu'à travailler pour mes clients. J'avais l'impression de perdre mon temps dans des process inutiles. »
Le contexte économique post-COVID a accéléré sa réflexion. De nombreuses entreprises cherchaient à digitaliser leurs opérations rapidement, et Sarah voyait l'opportunité de les accompagner directement, sans passer par une structure intermédiaire qui captait la majeure partie de la valeur créée.
« Mon employeur me facturait 1200€/jour aux clients, je touchais l'équivalent de 250€. Le calcul était simple : même en me positionnant moins cher, je gagnerais plus. »
La préparation
Sarah n'a pas sauté dans le vide. Elle a préparé sa transition pendant six mois, en parallèle de son CDI. « J'ai commencé par mettre de l'argent de côté : 15 000€ de sécurité pour tenir six mois sans revenus si nécessaire. »
Elle a également testé le marché en douceur : « J'ai créé mon profil LinkedIn Premium, actualisé mon site perso, et commencé à échanger avec d'anciens clients. Plusieurs m'ont dit qu'ils feraient appel à moi si je me mettais à mon compte. C'était rassurant. »
Le grand saut
En septembre 2022, Sarah pose sa démission. Trois mois de préavis pendant lesquels elle finalise sa création d'entreprise et prépare ses premiers supports commerciaux. « J'ai choisi le statut SASU pour pouvoir déduire mes frais et optimiser ma rémunération. »
Dès janvier 2023, elle décroche sa première mission : une entreprise de e-commerce cherchait à refondre sa stratégie d'acquisition client. Mission de quatre mois à 600€/jour. « Mon ancien salaire mensuel, je le faisais en deux semaines. C'était surréaliste. »
Les défis
Tout n'a pas été rose. « Les trois premiers mois, j'ai eu le syndrome de l'imposteur en permanence. Est-ce que je suis légitime ? Est-ce que je vais trouver des clients ? Est-ce que je ne vais pas me planter ? »
La solitude a aussi été difficile à gérer. « En agence, j'avais des collègues, des déjeuners d'équipe, des échanges informels. Seule chez moi, c'était le silence total. J'ai dû trouver mes propres rituels et rejoindre des communautés de freelances. »
« Rejoignez un espace de coworking, au moins deux jours par semaine. Le lien social est indispensable pour tenir sur le long terme. »
L'équilibre trouvé
Aujourd'hui, Sarah a trouvé son rythme. Elle travaille quatre jours par semaine sur ses missions clients, garde le vendredi pour sa prospection et son administratif. « Je facture environ 10 000€ par mois, et je travaille moins qu'avant. »
Son positionnement a évolué. « Au début, je prenais tout ce qui passait. Maintenant, je choisis mes missions selon des critères précis : secteur qui m'intéresse, mission stimulante intellectuellement, client avec qui le courant passe. »
Le bilan après deux ans
« Je ne retournerais en salariat pour rien au monde. J'ai retrouvé du sens dans mon travail, je choisis mes projets, je gère mon temps. Financièrement, je gagne 60% de plus qu'avant en travaillant moins. »
Ses conseils aux futurs freelances ? « Préparez-vous financièrement, testez votre marché avant de sauter, et n'ayez pas peur de vous vendre. Votre expertise a de la valeur, assumez-la. »
Salaire en agence : 55 000€/an
CA actuel : 120 000€/an
Revenu net : ~90 000€/an après charges et impôts