À 32 ans, Marc a déjà vécu dans une dizaine de pays différents. Son secret ? Un ordinateur portable, une bonne connexion internet, et des clients fidèles qui lui font confiance à distance. Rencontre avec un développeur web qui a fait du nomadisme digital son mode de vie.
Le déclic du premier voyage
Tout a commencé lors d'un voyage de trois semaines au Mexique. « J'étais développeur web en CDI à Lyon. Pendant mes vacances, un ancien client m'a contacté pour une urgence. J'ai sorti mon laptop au bord de la piscine et réglé son problème en deux heures. Ce jour-là, j'ai compris que je pouvais travailler de n'importe où. »
De retour en France, Marc commence à négocier du télétravail avec son employeur. Deux jours par semaine d'abord, puis trois, puis quatre. « Mon manager a fini par me dire : "Marc, sois honnête, tu veux vraiment rester salarié ?" Il avait raison. »
« J'ai réalisé que la liberté géographique valait plus qu'un CDI. Je gagnais bien ma vie, mais j'étouffais dans la routine métro-boulot-dodo. »
La préparation du grand départ
Marc n'a pas foncé tête baissée. Pendant six mois, il a préparé son projet minutieusement. « J'ai commencé par transformer mes deux plus gros comptes clients en contrats freelance. Ils étaient partants pour continuer avec moi à distance. »
Il s'est également équipé : laptop performant, casque à réduction de bruit, disque dur externe pour les backups, carte SIM internationale. « J'ai investi 3 000 € dans du matériel fiable. Quand on travaille en nomade, on ne peut pas se permettre une panne. »
« Testez d'abord le nomadisme digital pendant vos vacances. Travaillez quelques heures depuis votre lieu de villégiature. Si ça fonctionne, vous pouvez franchir le pas. »
Premiers pas à Bali
Démission posée en mars 2018, Marc atterrit à Bali fin avril. Destination classique pour les nomades digitaux, l'île indonésienne offre connexion internet correcte, coût de vie bas et communauté d'expats dynamique.
« Les deux premiers mois ont été durs. Le décalage horaire avec la France compliquait les appels clients. Je devais me lever à 4h du matin pour les réunions. Et puis, il y a eu la solitude. »
Marc découvre les espaces de coworking, véritables lieux de sociabilisation pour nomades. « Au Dojo à Canggu, j'ai rencontré d'autres développeurs, des designers, des marketers. On partageait nos galères et nos bons plans. Cette communauté m'a sauvé. »
L'équilibre trouvé
Cinq ans plus tard, Marc a rodé son système. Il alterne entre destinations : trois mois en Asie du Sud-Est, trois mois en Europe du Sud, trois mois en Amérique latine, et trois mois en France pour voir sa famille et ses clients.
« Je ne cherche plus l'aventure permanente. J'ai mes villes favorites où je retourne régulièrement : Lisbonne, Chiang Mai, Medellín. Je connais les bons espaces de coworking, les quartiers calmes, les restaurants où on mange bien. »
Les défis du nomadisme
Vivre en nomade n'est pas que du rêve. Marc évoque les difficultés : « La logistique est épuisante. Renouveler son visa tous les trois mois, trouver un logement décent, gérer sa domiciliation fiscale, maintenir une couverture santé internationale... C'est un boulot à plein temps. »
Les relations personnelles souffrent aussi. « Impossible de construire quelque chose de stable quand on change de pays tous les trimestres. J'ai essayé plusieurs fois, ça n'a jamais fonctionné. »
« Le nomadisme digital, c'est génial entre 25 et 35 ans. Après, je pense que beaucoup finissent par vouloir se poser. »
L'organisation de travail
Marc a développé une routine stricte pour maintenir sa productivité. « Je travaille en asynchrone au maximum. Mes clients savent que je ne suis pas disponible en temps réel, mais que je réponds toujours dans les 24h. »
Son emploi du temps type : réveil à 7h, sport, puis travail de 9h à 13h sur ses projets clients. Pause déjeuner et exploration de la ville. Deuxième session de 16h à 20h pour l'administratif et la prospection.
« Je facture environ 70 000 € par an, ce qui me laisse 50 000 € après charges et impôts. Ça peut sembler peu comparé aux salaires parisiens, mais mon coût de vie est deux fois moins élevé. »
Les perspectives d'évolution
Marc envisage de ralentir le rythme. « Je réfléchis à me poser six mois par an dans un seul endroit, probablement Lisbonne. Garder la liberté de voyager, mais avoir aussi une base stable. »
Il encourage ceux qui veulent se lancer : « Si vous travaillez dans le digital, que vous n'avez pas d'attaches familiales fortes, et que l'aventure vous tente, foncez. Mais préparez-vous bien. Le nomadisme digital demande une vraie discipline et une capacité à gérer l'incertitude. »
Hébergement : 600-800 €/mois (Airbnb longue durée)
Coworking : 150-250 €/mois
Assurance santé internationale : 200 €/mois
Nourriture et vie quotidienne : 500-800 €/mois
Vols et transports : 300 €/mois en moyenne